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Le piège du principe de plaisir

  • il y a 6 jours
  • 11 min de lecture
Dopamine, plaisir système de récompense.

Pourquoi la recherche du plaisir immédiat ne suffit pas à nous rendre heureux


En psychanalyse, le principe de plaisir occupe une place centrale. Formulé par Sigmund Freud au début du XXᵉ siècle, il désigne la tendance fondamentale de l’appareil psychique à rechercher la satisfaction et à éviter le déplaisir. Dans cette perspective, nos comportements seraient largement guidés par la recherche d’une diminution des tensions internes et par l’obtention de sensations agréables.


Pourtant, Freud lui-même remarque rapidement que ce principe ne suffit pas à expliquer l’ensemble du comportement humain. Dans Beyond the Pleasure Principle (1920), il observe que certaines conduites semblent contredire la recherche de satisfaction immédiate. Les individus peuvent répéter des expériences douloureuses, persister dans des situations destructrices ou se confronter volontairement à l’effort et à la frustration.


Un siècle plus tard, les neurosciences permettent d’éclairer cette intuition psychanalytique sous un angle biologique.




Le rôle biologique du plaisir : un mécanisme de survie


Sur le plan biologique, la recherche de plaisir possède la fonction de favoriser la survie de l’individu et de l’espèce.


Elle repose notamment sur ce que l’on appelle le système de récompense du cerveau, un ensemble de circuits neuronaux impliquant notamment le striatum ventral, le noyau accumbens, l’aire tegmentale ventrale et le neurotransmetteur dopamine.

Ce système renforce les comportements qui ont historiquement contribué à la survie tels que l'alimentation, la sexualité et la reconnaissance sociale.


L’alimentation


La prise de nourriture active fortement le système de récompense. Ce mécanisme permet de renforcer un comportement indispensable à la survie biologique de l’organisme.


La sexualité


Les comportements sexuels activent également ces circuits cérébraux, favorisant la reproduction et donc la perpétuation de l’espèce.


La reconnaissance sociale


Les études en neurosciences sociales montrent que la reconnaissance ou l’approbation sociale activent les mêmes circuits de récompense que certaines récompenses matérielles. Dans les sociétés humaines, appartenir au groupe et y être reconnu a longtemps augmenté les chances de survie.


La recherche de plaisir a jusqu'à là eu une fonction biologique essentielle à la survie des individus et de l'espèce.




Un système de récompense conçu pour désirer toujours davantage


Cependant, le système de récompense ne fonctionne pas exactement comme on pourrait l’imaginer. Contrairement à l'idée répandue, la dopamine n’est pas directement la molécule du plaisir. Les travaux du neuroscientifique Wolfram Schultz ont montré qu’elle joue plutôt un rôle central dans l’anticipation et la motivation à obtenir une récompense.


Cet à dire que le système est impliqué dans le désir plutôt que la satisfaction elle-même.


Les recherches de Kent Berridge ont notamment distingué deux processus :


  • le “wanting” : le désir ou la motivation dopaminergique

  • le “liking” : le plaisir ressenti


Ces deux mécanismes peuvent être dissociés. Il est possible de désirer intensément quelque chose sans en retirer un plaisir durable.


Cette particularité explique pourquoi le système de récompense peut devenir insatiable. Chaque récompense entraîne une adaptation du cerveau, un phénomène parfois appelé adaptation hédonique. Elle désigne la tendance de l’être humain à s’habituer progressivement aux expériences positives comme négatives. Un événement qui procure initialement un plaisir intense voit son effet sur le bien-être diminuer avec le temps, le cerveau l’intégrant comme une nouvelle norme.




L’économie d’énergie : un principe biologique fondamental


Pour continuer d'assurer la survie de l’organisme biologique, le moindre effort est essentiel . Le cerveau humain est naturellement orienté vers des stratégies permettant de minimiser la dépense énergétique. En quelque sorte l'humain est programmé à être initialement "fainéant".


Dans un environnement naturel, cette économie d’énergie était adaptative. Éviter les efforts inutiles constituait une stratégie efficace de survie dans un environnement où les ressources étaient rares et les dangers nombreux.


De fait, l’effort né de la nécessité.

Pendant la quasi-totalité de l’histoire humaine, se mettre en mouvement une obligation à la survie. Il fallait chasser, cultiver, construire, se déplacer, apprendre à vivre dans un environnement souvent hostile. L’effort était la condition même de la survie.


Or, dans les sociétés contemporaines occidentales, cette nécessité s’est largement transformée. Une grande partie des contraintes vitales a disparu, l’accès à la nourriture est illimité et la sécurité est relativement assurée. Même la mise en mouvement physique n'est plus une nécessité à la survie.


Autrement dit, nous n’avons plus besoin de fournir d’efforts importants pour assurer notre survie biologique. Les mécanismes biologiques qui orientaient autrefois l’action vers l’effort et la mise en mouvement se retrouvent désormais dans un environnement où la nécessité est largement absente.


Notre système cérébral vit une situation où le système atteint une forme de paroxysme. Dans une société où les plaisirs immédiats sont omniprésents et où les contraintes de survie sont faibles, la mise en mouvement n'est plus essentielle donc se dissipe et permet à l'humain de jouir de son économie d’énergie.


Or, si l’effort disparaît, c’est toute une dynamique psychique qui peut s’en trouver fragilisée. En effet, l’engagement dans l’effort constitue souvent une condition importante du sentiment de satisfaction et d’accomplissement.

Dans ce contexte, paradoxalement, une société capable d’assurer parfaitement notre confort matériel et biologique rend finalement plus difficile l’accès au sentiment d’épanouissement personnel.


L’individu pour accéder à des expériences profondes de satisfaction, doit produire un effort supplémentaire pour se mettre en mouvement dans un environnement qui ne l’y contraint plus. Ce qui revient à dire que dans un monde où la nécessité a largement disparu, se mettre à l’effort devient en quelque sorte un double effort car il faut d’abord décider de se mettre en mouvement, puis persévérer dans l’activité elle-même.




Le rôle du cortex préfrontal : planifier, inhiber, persévérer


Face au principe de recherche de plaisir, le cerveau possède néanmoins le cortex préfrontal, le système régulateur .


Située à l’avant du cerveau, cette région joue un rôle majeur dans :

  • la planification à long terme

  • la prise de décision

  • l’inhibition des impulsions

  • la régulation émotionnelle

  • la projection dans l’avenir.


C’est notamment grâce à ce système que nous pouvons renoncer à une récompense immédiate pour obtenir un bénéfice futur plus important.

Les célèbres expériences du marshmallow test, menées par le psychologue Walter Mischel, ont illustré cette capacité.




Effort, satisfaction et dopamine


Une idée de plus en plus discutée dans les neurosciences contemporaines concerne le lien entre effort et satisfaction, comme "The Effort Paradox", nzlicht, Shenhav & Olivola (2018).


Contrairement à l’idée selon laquelle la récompense serait uniquement liée au résultat final, certaines recherches suggèrent que le cerveau peut apprendre à associer la dopamine à l’effort lui-même.


Lorsque la motivation repose uniquement sur une récompense externe immédiate (crème glacée, reconnaissance sociale, récompense matérielle etc.), la motivation peut devenir fragile et dépendante de stimuli extérieurs.


Parfois l’effort peut être entièrement orienté vers l’obtention d’une récompense future. L’individu se projette donc dans un plaisir attendu comme la réussite ou l’approbation d’autrui, qui donne un sens provisoire à l’effort fourni.


En revanche lorsque la satisfaction est exclusivement attachée au résultat final, le risque est que si la récompense attendue n’est pas obtenue, l’effort accompli produit un sentiment de frustration. L’énergie investie ne trouve alors aucune forme de satisfaction, puisqu'elle était située dans la projection du plaisir futur et non dans l’activité elle-même.


À l’inverse, lorsque l’engagement dans l’action devient lui-même source d’intérêt ou de sens, l’effort peut générer une forme de satisfaction indépendamment du résultat final. La motivation ne dépend plus uniquement d’une récompense extérieure, mais de l’expérience vécue dans l’activité.


En revanche, lorsque l’individu apprend à associer la satisfaction à l’engagement dans l’activité elle-même, la motivation tend à devenir plus stable et plus durable.

Ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi certaines activités exigeantes comme l'apprentissage un instrument, la pratique d'un sport, la création, ou la résolution de problèmes complexes, procurent un profond sentiment de satisfaction.




Le flow : lorsque l’effort devient une expérience optimale


Cette dynamique de satisfaction à la réalisation de l'action a été décrite par Mihaly Csikszentmihalyi à travers le concept de "flow".


Cet état est défini par la présence d'une concentration intense, de la perte de la notion du temps, d'un engagement profond et un sentiment de sens. Le flow apparaît lorsque y a un défi et des compétences élevés.


Dans cet état, l’effort devient lui-même source de satisfaction.




Le paradoxe des sociétés de confort


Cette dynamique permet d’éclairer un paradoxe dans nos sociétés contemporaines occidentales. Dans les environnements modernes, une grande partie des efforts nécessaires à la survie a été supprimée.


Les réseaux sociaux exploitent notamment les mécanismes dopaminergiques du système de récompense. Les notifications, les “likes” ou le défilement infini de contenus offrent des micro-récompenses fréquentes.

Ces systèmes peuvent encourager une consommation rapide et répétée de stimulations, au détriment d’activités plus exigeantes.


En effet, plus le plaisir immédiat est répété et plus son action sera forte, il sera alors beaucoup plus difficile et pénible de mettre en place un retro-contrôle et une mise en effort.


Une question sensible à l’adolescence


Cette tension est visible à l’adolescence. Durant cette période, les circuits dopaminergiques sont particulièrement sensibles aux récompenses, tandis que le cortex préfrontal poursuit encore son développement.


Les adolescents évoluent ainsi dans un environnement où les stimulations immédiates sont nombreuses. Il devient très difficile de faire appel à l’inhibition et au contrôle de ses comportements et de ses émotions lorsque l'on entraîne pas cette aire de rétro-contrôle. Plus il y a apprentissage au rétrocontrôle plus il devient facile de gérer sa frustration. Plus on cède au plaisir immédiat alors plus il sera difficile d'y résister.




Connaître son fonctionnement pour retrouver une capacité d’action


La compréhension de nos mécanismes permet de mieux saisir pourquoi une vie orientée uniquement vers la recherche de gratifications immédiates peut paradoxalement conduire à une forme d’insatisfaction durable. Elle peut éclairer parfois à la compréhension de raisons expliquant les causes d'un mal-être ou d'une souffrance.


L’engagement dans l'effort ou la mise en mouvement comme l’apprentissage, la création ou les projets à long terme mobilisent des systèmes cérébraux différents. Ces activités favorisent des expériences d’engagement profond, proches du flow, qui procurent un sentiment de satisfaction plus stable et plus riche que les plaisirs immédiats.

Lorsque l'on introspecte ses profondeurs il semble que ce soient le sens et l’accomplissement qui soient véritablement désirés et non du plaisir comme on pourrait naturellement croire. Et pourtant, dans la précipitation de cette recherche c'est le plaisir même qui est investit.




La mise en mouvement, une clef du bonheur ?


Peut-être est-ce là l’un des paradoxes les plus intéressants de la condition humaine. Notre cerveau a été façonné par l’évolution pour rechercher le plaisir et économiser l’énergie, car ces mécanismes ont longtemps favorisé notre survie. Pourtant, lorsque ces mêmes mécanismes sont comblés trop facilement, nous éloignent de ce qui nourrit réellement notre sentiment d’accomplissement.


Freud pressentait déjà que la vie psychique ne se réduit pas à la simple recherche de plaisir. Les recherches contemporaines suggèrent également que l’être humain semble trouver une satisfaction plus profonde dans l’engagement, l’effort et la participation active au monde.


Ainsi, ce qui paraît à première vue contraignant, comme apprendre, persévérer ou se confronter à la difficulté, pourrait bien être aussi ce qui nous rapproche le plus d’une expérience durable de satisfaction et de sens. Et cela grâce à l'effort plutôt que malgré lui.


Dès lors, il faudrait cesser la recherche de plaisir et s'orienter vers des activités dont la réalisation elle-même produit de la satisfaction. A travers des expériences dans lesquelles l’attention, l’engagement et la présence à ce que l’on fait soit source de d'accomplissement personnelle. Cette idée rejoint, d’une certaine manière, l’intuition souvent formulée autour du fait de « vivre l’instant présent », cet à dire en mettant du sens dans l’acte même de faire.


Ces expériences peuvent prendre des formes très variées. Elles peuvent se manifester dans la connaissance, dans l’expérimentation, dans l’attention portée aux choses ou dans la compréhension progressive de soi, des événements ou du monde. Elles peuvent aussi émerger dans des gestes simples comme préparer un repas, apprendre un savoir, élaborer une idée, développer une activité ou exercer une action dans laquelle l’on s’investit pleinement.

Dans ces moments le processus lui-même compte plutôt que l'attente d'un quelconque résultat. L’activité devient une forme de « nourriture intérieure » en transformant notre perception, en enrichissant notre compréhension et elle nourrit un sentiment d’autonomie. C’est souvent dans ces expériences que surgit ce que les psychologues appellent l’état de flow, lorsque l’attention est pleinement engagée dans l’action et que le temps semble presque disparaître.


À l’inverse, lorsque toute l’énergie psychique se concentre uniquement sur la recherche de plaisirs immédiats, il peut se produire une forme de déperdition de soi. Les stimulations rapides qui alimentent le système de récompense donnent l’illusion de la satisfaction, mais elles ne nourrissent pas le sentiment d’accomplissement personnel. Lorsque cet accomplissement vient à manquer, une forme d’angoisse existentielle peut apparaître. Pour apaiser ce malaise, nous pouvons alors être tentés de rechercher encore davantage de confort et de sécurité par des plaisirs immédiats, comme si le système de survie cherchait inconsciemment à se rassurer lui-même.


C’est pourquoi il est nécessaire de rester attentif à la manière dont nous orientons notre énergie et notre attention. Rien n’est jamais définitivement acquis. Il nous faut sans cesse « cultiver notre jardin ».


Il est tentant d’imaginer qu’un jour, dans un futur idéal, tout deviendra soudainement facile, que l’effort disparaîtra et que la tranquillité sera enfin atteinte. Pourtant, cette vision repose sur une illusion. Car si l’on s’en tient aux connaissances scientifiques actuelles, c’est bien l’effort lui-même qui produit le sentiment d’accomplissement et d’épanouissement personnel.

Peut être ignorions nous que ce n’est pas l’absence d’effort qui nourrit l’existence, mais le mouvement lui-même. Car ce n’est pas lorsque tout devient facile que l’être humain s’épanouit, mais lorsqu’il se met en chemin.






Pour aller plus loin...



Lectures recommandées en lien avec l'article


Le Bug humain - Sébastien Bohler (2019)

Cet ouvrage très accessible explore le rôle du striatum et du système de récompense dans les comportements humains contemporains. L’auteur montre comment un mécanisme cérébral conçu pour assurer la survie peut, dans les sociétés modernes, favoriser une recherche incessante de stimulations et de plaisirs immédiats.


Éloge de la fuite - Henri Laborit (1976)

Dans ce texte un peu plus ardu, le neurobiologiste Henri Laborit analyse les liens entre biologie, comportement et organisation sociale, en montrant comment les mécanismes cérébraux de survie influencent profondément les comportements humains.


Le Désir, une philosophie - Frédéric Lenoir (2023)

Dans cet essai très accessible, l'auteur explore la place du désir dans l’existence humaine, en mobilisant la philosophie, la psychologie et les traditions spirituelles afin de dépasser les principes de plaisir et parvenir à un accomplissement personnel serein.


Cruel Optimism - Lauren Berlant (2011)

Dans cet essai, pour les amateurs de lecture en anglais, riche en théories sociales, l’autrice analyse la manière dont certaines promesses de bonheur ou de réussite peuvent devenir paradoxalement des attachements qui entravent l’épanouissement, éclairant les tensions entre aspirations individuelles et conditions sociales contemporaines. Cet ouvrage a une approche sociologique critique face à l'idée du bonheur.




Sources et études


Aronson, E., & Mills, J. (1959). The effect of severity of initiation on liking for a group. Journal of Abnormal and Social Psychology.


Berridge, K. C., & Robinson, T. E. (1998). What is the role of dopamine in reward: Hedonic impact, reward learning, or incentive salience? Brain Research Reviews.


Brickman, P., Coates, D., & Janoff-Bulman, R. (1978). Lottery winners and accident victims: Is happiness relative?Journal of Personality and Social Psychology.


Csikszentmihalyi, M. (1990). Flow: The Psychology of Optimal Experience. Harper & Row.


Deci, E. L. (1971). Effects of externally mediated rewards on intrinsic motivation. Journal of Personality and Social Psychology.


Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic Motivation and Self-Determination in Human Behavior. Springer.


Eisenberger, R. (1992). Learned Industriousness.Psychological Review.


Eisenberger, R., & Cameron, J. (1996). Detrimental effects of reward: Reality or myth?American Psychologist.


Eisenberger, N. I., & Lieberman, M. D. (2004). Why rejection hurts: A common neural alarm system for physical and social pain. Trends in Cognitive Sciences.


Festinger, L. (1957).A Theory of Cognitive Dissonance.Stanford University Press.


Freud, S. (1920).Au-delà du principe de plaisir.


Inzlicht, M., Shenhav, A., & Olivola, C. (2018).The Effort Paradox: Effort Is Both Costly and Valued.Trends in Cognitive Sciences.


Mischel, W., Shoda, Y., & Rodriguez, M. (1989).Delay of gratification in children.Science.


Murayama, K., Matsumoto, M., Izuma, K., & Matsumoto, K. (2010).Neural basis of the undermining effect of monetary reward on intrinsic motivation.Proceedings of the National


Academy of Sciences (PNAS).


Salamone, J. D., & Correa, M. (2012).The mysterious motivational functions of mesolimbic dopamine.Neuron.


Schultz, W. (1997).A neural substrate of prediction and reward.Science.


Seligman, M. E. P. (2011).Flourish: A Visionary New Understanding of Happiness and Well-being.Free Press.


Walton, M. E., & Bouret, S. (2019).What is the relationship between dopamine and effort?Trends in Neurosciences.









 
 

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